La lettre

Le dictionnaire Robert définit la lettre comme:
“Un écrit que l’on adresse à quelqu’un pour lui communiquer ce que l’on ne peut ou ne veut dire oralement”.

1/ Les caractéristiques
On parle d’échange épistolaire pour qualifier une correspondance par lettres. Cet échange peut être fondé sur le secret, la confidence, ce qui lui confère un caractère privé et intime (propice aux déclarations ou au discours amoureux).La lettre peut combler un vide affectif car elle est une manifestation de la présence de l’autre. Cette présence est clairement marquée par la présence du “Je” et par la signature.

2/ Origines de l’épistolaire
L’art de la lettre est très ancien (2000 ans avant J.C), mais c’est à la fin du XIème siècle que Laurent d’Aquilée, dans “Pratique ou usage de l’art épistolaire”, rédige le premier manuel de technique de la lettre.
Au XVIIIème siècle, la lettre se confond avec la gazette. De nombreuse correspondances sont alors publiées : Voltaire, Rousseau, Diderot.

La lettre ouverte : en 1898, Zola, scandalisé par la condamnation de Dreyfus, publie une lettre ouverte au président de la république, “J’accuse”, dans le journal “L’Aurore”.

3/ Le roman épistolaire :
Il s’agit de lettres échangées entre les personnages du roman, et qui relèvent la plupart du temps d’une fiction.(Illusion romanesque). Il s’agit pour l’auteur d’affiner la psychologie des personnages, d’en faire découvrir les états d’âme, afin de rendre compte d’une succession de points de vue.
En 1669, les “lettres portugaises” de Guillerargues sont considérées comme étant le premier roman épistolaire et connaissent le succès.
En 1721, Montesquieu publie les “lettres persanes” : il multiplie le nombre de correspondants et se permet toutes les audaces (de critiquer le roi par exemple).
En 1761, Rousseau publie “La nouvelle Héloïse” qui permet au roman épistolaire de connaître son apogée.
Conclusion :
Au XVIIIème siècle, le roman épistolaire permet de montrer plusieurs points de vue sur la société de cette époque. Les deux persans de Montesquieu (“les lettres persanes”, 1721) sont ainsi un prétexte à une analyse critique de la société française.

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