Le discours argumentatif

Le principe de l’argumentation réside dans la conviction de son auteur qui revendique la paternité des idées exprimées, notamment à travers :

• le système d’énonciation

On recourt fréquemment à la 1ère personne, indice de la présence du locuteur dans la phrase et des propos tenus. Du fait de cette présence forte de l’auteur, le texte argumentatif relève du discours (qui est à l’initiative du locuteur) et non du récit (qui est à l’initiative du narrateur).

Le locuteur peut se manifester (utilisation de la 1ère et 2ème personne et présences de marques de jugement) ou pas (objectivité apparente du texte informatif/explicatif ; utilisation de la 3ème personne et des phrases déclaratives) pour masquer l’intention de convaincre.
Le présent intemporel est le temps habituel du texte argumentatif, puisque l’argument est valable de façon générale.

• le choix du lexique comme indicateur du degré de certitude :

– l’affirmation catégorique, certifiant qu’il n’y a pas de doute possible. Sont alors employés des termes comme “assurément”, “sans aucun doute”, “il est certain que”, “toujours”, “jamais”…

– l’hésitation qui cherche ou semble chercher à ne pas contraindre le lecteur. Sont alors employés des termes comme “peut-être”, “il est possible que”,..

En argumentant, le locuteur affirme sa certitude d’être dans le vrai ; il use d’expression qui traduisent son assurance, sa confiance dans ses idées comme “sans doute”, “évidemment”, “il est indubitable que”, etc.… La conviction d’avoir raison s’affiche également dans les verbes d’obligation. Toutes ces marques d’un jugement personnel sont appelées modalisations.

– l’utilisation d’un lexique affectif par lequel le locuteur cherche à capter la sympathie ou l’estime de son public et essaie de communiquer de lui l’image morale la plus positive ou de présenter son dessein comme particulièrement louable. Il utilise pour cela un réseau de termes propres à manifester son émotion, sa sincérité et son attachement à la thèse exposée.

– les connotations qui indiquent un jugement de valeur : connotations positives pour le point de vue défendu ; négatives pour le point de vue refusé.

Retour